Association Nationale Nouvelles Ruralités
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2e Rencontres d’automne des Nouvelles Ruralités

Le 26 et 27 octobre 2017, se dérouleront les 2e Rencontres d’automne des Nouvelles Ruralités à Valence.

Ces deux journées se placeront sous la thématique « La ruralité, une chance à saisir pour la France ! » et seront l’occasion pour les acteurs qui font la ruralité de montrer que  nos territoires ruraux sont une chance et un atout pour l’avenir de la France et sont à même d’apporter les solutions aux problèmes que rencontre notre société.

Nous vous invitons dès maintenant à vous inscrire librement à partir de l’URL suivante: https://goo.gl/forms/NgZPfguQoyAq72xH2

Vous pouvez dès à présent télécharger notre pré-programme en suivant le lien ci-dessous:

Programme de Valence

 Découvrez dès à présent en avant première les prises de position de nos intervenants :

« La France doit saisir la chance de la ruralité »
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Patrice Joly

L’enjeu de la cohésion des territoires, qu’ils soient ruraux, urbains ou métropolitains, passe à l’évidence par la reconnaissance des atouts et du potentiel de la ruralité. Au sein de l’Association Nationale des Nouvelles Ruralités (ANNR) que je préside depuis trois ans, nous affirmons la richesse des initiatives individuelles et collectives tout en insistant sur leur dynamique. Précisément, nous entendons modifier le regard du pouvoir central par la prise en compte d’une démarche transversale et collective. C’est le sens de nos propositions au gouvernement, en particulier depuis les derniers renouvellements électoraux : une nouvelle politique ne peut se bâtir qu’à partir de l’harmonie et de la cohésion. De profondes réformes s’imposent pour stopper l’asphyxie des territoires et permettre la prise en compte des formidables ressources, en particulier humaines.

C’est ce débat que nous portons également avec le collectif « les Voix de la ruralité » qui fédère trente et une associations engagées dans la vie et les projets de tous, les acteurs, ceux qui les animent et les développent ainsi que des citoyens qui y vivent.

Dans un mois, à Valence, les débats de notre deuxième rencontre des Nouvelles Ruralités seront nourries par les parlementaires, président de conseils départementaux et élus de diverses communes ainsi que par plusieurs universitaires, représentants de l’entreprenariat ou des citoyens, tous contributeurs du grand projet. Notre but : après avoir croisé et mutualisé ces analyses et orientations, repartir de Valence avec des propositions concrètes réactualisées, base de nos échanges avec le gouvernement et les autres interlocuteurs.

Les campagnes n’ont que trop souffert d’une vision centralisatrice. Notre projet est économique, social, sociétal politique. Et l’enjeu est devenu civilisationnel.

Merci de venir à Valence enrichir nos propositions.

 

 

Christophe Guilluy

 

« D’un jacobinisme national à un jacobinisme régional »

 

Entretien avec Christophe Guilluy, géographe, chercheur auprès des collectivités locales. Il dénonce la fracture territoriale et « la France d’en haut ». A Valence, il présentera ses derniers travaux.

C’est quoi pour vous les ruralités ?
Les ruralités c’est le rural au sens large par opposition au sens restrictif de 20% de la population selon l’INSEE. Je partage la vision de Gérard-François Dumont d’une population rurale au niveau beaucoup plus élevé.

C’est hors de Paris et des grandes villes ?
Oui, Paris et les métropoles représentent seuls l’urbain. Nous devons prendre en compte le continuum entre le rural, les petites villes ainsi que les villes moyennes qui offrent une majorité de points communs. Le rural c’est une grande partie de la Franc entière.

Pourquoi cette ignorance persistante ?
Cette absence de prise en compte des territoires provient pour partie d’une vision centralisatrice de l’Etat. Mais ce jacobinisme et cette concentration de la gouvernance ne sont plus le fait du seul Etat. S’ajoute le rôle dominant des métropoles régionales. Nous sommes passé d’un jacobinisme national à un jacobinisme régional ! On réunit pouvoir et vision dans les métropoles. Où y sont déjà concentrées les richesses. La technosrtucture en place dans les conseils régionaux se comporte sur les aspects de vision des territoires exactement comme celle des ministères.

Quels enjeux sociaux et sociétaux ?
Nous ne sommes plus dans un modèle républicain qui fait société en prenant en comp

te les diversités. On ignore le potentiel des territoires et l’idée magnifique du ruissellement des initiatives et des projets.

C’est donc bien une question de gouvernance ?
Oui et elle implique de combattre le modèle unique qui nous a conduit aux fractures. Derrière l’apparent apaisement, nous avons une France minée par le séparatisme social et culturel qui provoque la crise du vivre ensemble. Pourtant sur le terrain, communal ou départemental, se retrouvent, idées, compétence et intelligence des élus locaux. Faudrait-il encore qu’on les entende.
« D’un jacobinisme national à un jacobinisme régional »

Anne-Claire Vial

 

« Le projet fait le territoire »

 

Présidente de Sol et civilisation et de la chambre d’agriculture de la Drôme, Anne-Claire Vial pense le territoire à partir de projets communs portés par tous les acteurs. C’est du lien que viendra l’avenir de tous les lieux ruraux.

Où en sommes nous de la stratégie d’innovation dans les  territoires?

 Le territoire est désormais un cadre d’innovation pertinent. Il permet la mise en synergie des acteurs, des idées et des projets. C’est un creuset pour créer de l’intelligence collective, décloisonner et provoquer des processus vertueux créateur de valeurs.
Plusieurs dispositifs ont été mis en place en ce sens : cluster, pôle de compétitivité, Pôle d’excellence rurale, PTCE, … Avec l’émergence des métropoles et des régions, on voit également apparaître des politiques locales plus volontaristes.
Mais  ces dispositifs ne font pas tout. Les dynamiques territoriales demandent des moyens d’animation pour faciliter la mise en réseau des acteurs, le montage de projet complexe. On encourage surtout des dynamiques déjà existantes plus qu’on génère leur émergence. On décentralise plus qu’on accompagne des mouvements ascendants.Quelle est votre priorité pour une réappropriation des territoires?

La réappropriation des territoires passe par la capacité des acteurs à faire projet ensemble sur un espace qui les rassemble. C’est le projet qui fait le territoire et non pas l’inverse. C’est la rencontre des hommes et des idées qui font les projets. Il faut renforcer des dispositifs permettant de mettre en relation les acteurs et les aider à  construire ensemble. Aidons à faire ensemble plus que regrouper pour faire.

Les projets communs du couple agité agriculture/Ancresociété avancent ils?

L’agriculture est au cœur d’enjeux de société : l’alimentation, l’énergie, la gestion des ressources naturelles. Nous sommes trop souvent confrontés à des oppositions alors que le territoire est un bon espace pour avancer ensemble.  Le

s Plans alimentaires territoriaux, le contrat de réciprocité ville/campagne peuvent être des bons supports. Ces processus sont complexes, mais plus réalistes et durables.

Quel message adressez-vous au  président de la république pour l’avenir immédiat des territoires ruraux.

Les territoires ruraux sont apporteurs de solutions. Ils peuvent être des partenaires de premier choix pour répondre aux défis. Ils ont besoin d’être reconnu comme des territoires de projet à part entière. On ne peut pas tout penser par la densité.  Il faut d‘abord rendre possible leur inclusion dans notre monde connecté. La question de la fracture numérique doit être dépassée. Il faut aussi qu’ils puissent être en relation égal à égal avec les territoires urbains. Il faut penser des politiques de liens plus que des politiques de lieux. Une alimentation quotidienne et de qualité est un lien fondamental sur lequel nous devons nous appuyer.

 

 

Jean-Paul Delevoye

« La mondialisation nécessite proximité, affectivité et valeurs »

 

Nommé voila quelques semaines Haut commissaire à la réforme des retraites, Jean-Paul Delevoye affiche l’un des plus riches parcours d’élu et responsable public en exercice. Ancien maire de Bapaume (Pas-de-Calais), il a été député, sénateur, président de l’Association des Maires de France (AMF), ministre à deux reprises dont aux fonctions de la réforme de l’état, médiateur de la République et enfin président du CESE. Le parcours, l’indépendance et la liberté de ton  de cet élu venu du RPR et de l’UMP mais qui a toujours prôné l’ouverture, rallié de la première heure à Emmanuel Macron,  impose l’écoute. Quand il décrypte, les mots cinglent, la perspective s’éclaire.

« Nous ne sommes pas dans une forme de transformation mais de métamorphose, ce qui signifie que nous devons remettre en cause nos analyses, nos convictions afin de mieux nous préparer à un futur imprévisible, incertain, illisible ».  Cette analyse, Jean-Paul Delevoye la tire plus d’un constat de la réalité que d’une posture idéologique : « notre société performative qui renforce le fort par rapport au faible, le diplômé par rapport à l’inculte, l’urbain par rapport au rural est en fin de cycle » !
Qu’on le veuille ou non, la société prend des voies qu’il convient de gérer mais qui impliquent notre prise de conscience, insiste celui qui de l’expérience d’élu communal à celle de responsable économique, n’entend pas perdre le sens de cette réalité : « nous rentrons dans une société cérébrale où la puissance d’un pays sera liée à son attractivité,  à son potentiel et la connexion des territoires ». Justement, chacun des territoires doit selon lui être appréhendé « pour son potentiel qui n’est donc pas enfermé dans le seul critère de la population, de son potentiel fiscal ou de sa densité ».
L’ancien président de l’intercommunalité Sud-Artois rappelle que « toute la politique a souvent analysé le découpage territorial en fonction du pouvoir et du rapport de forces ». Mais la donne change et ouvre des perspectives nous dit il : « le numérique efface les frontières, modifie le rapport à l’espace au temps, à l’autre ». A la donne s’ajoute une autre modification celle du paradigme.  « L’avenir appartiendra ni aux plus puissants ni aux plus anciens mais à celles et ceux qui s’adaptent. La mondialisation et le futur incertain, nécessitent proximité, affectivité et valeurs mais peut aussi amener au repli. Nous devons nous remettre à cultiver l’espérance, la gourmandise du futur, sinon les peurs  nous tétanisent.
Nous devons également retrouver une communauté de destin rassemblée et mobilisée autour d’un projet sinon nous resterons une communauté d’intérêt et nous nous déchirerons, chacun voulant assurer sa survie au détriment de l’autre » ;
Autant dire que le propos de Jean-Paul Delevoye à Valence est particulièrement attendu tant il éclairera sur les orientations politiques du moment.

 

 

Vanik Berberian

« Rendre le rural visible et majeur »

 

Président de l’Association des Maires Ruraux de France depuis 2008, maire de Gargilesse-Dampierre (Indre), Vanik Berberian veut porter les « voix de la ruralité de façon collective. Il plaide pour une loi pour la ruralité et les communes, tant les destins sont communs. Il le développera à Valence.

Quels sont pour le représentant des maires ruraux les enjeux de ces rencontres de Valence ?

Le monde rural change. Peu nombreux sont encore ceux qui s’en sont rendu compte. C’est pourquoi les dynamiques conjointes des associations qui œuvrent en faveur de la ruralité sont précieuses. Ces rencontres marquent une nouvelle étape après l’initiative commune entre l’AMRF, l’ANPP et les Nouvelles Ruralités, de fédérer et d’appeler à jouer collectif et de porter ensemble « les voix de la ruralité ». C’est également la marque de la prise de conscience du monde rural qui doit maîtriser son avenir et impacter sur les décisions. C’est le sens de notre appel, lors du congrès des maires ruraux en faveur d’une loi pour la ruralité et les communes. Il doit être partagé. De même que l’ouvrage    « le pouvoir des campagnes » où en 2016, nous avons réuni 18 associations nationales avec un même objectif : « rendre le rural visible et majeur ». Je souhaite que les rencontres marquent davantage les esprits et les actes politiques.

Dans quel esprit sont les maires ruraux suite aux dernières réformes et décisions gouvernementales ?

Ils exigent que le cadre d’action évolue et leur permette d’agir. Après l’enchaînement des réformes non demandées, mal pensées et déstabilisantes, le temps de l’écoute des élus est venu. Pas seulement celui d’une pause dans les réformes. Reconnaissons que nous ne sommes pas beaucoup entendus. Le refus d’écouter le pragmatisme des élus sur le transfert de compétences, la réduction des contrats aidés, la perte supplémentaire d’autonomie fiscale annoncée avec la suppression de la taxe d’habitation… Tout cela pèse sur le moral malgré l’envie de développer les territoires. On ne peut par exemple pas se satisfaire de la stabilisation des dotations alors que l’on paie la baisse et que la péréquation se fait attendre.

Les premières orientations d’Emmanuel Macron sont perçues comme centralisatrices et jacobines. Les maires ruraux décèlent ils un nouveau recul de la décentralisation ?

Ca ne fait pas de doute même si la conférence des territoires avait laissé planer un espoir depuis largement déçu. Le centralisme n’est pas que parisien. Il est à tous les échelons des territoires et des politiques. Dans un monde de réseaux, tout cela s’apparente à un ultime combat conservateur pour préserver ses prérogatives. Rien en tout cas qui traduise le souci d’un aménagement équilibré du territoire.

Le problème des petites communes n’est pas que financier ?

Il faut renforcer le pouvoir d’agir des maires : démocratie locale, statut, dotation, compétence, ingénierie…Ce n’est pas forcément ce qui se passe avec les EPCI qui sont renforcés sans que la représentation des maires soit renforcée et surtout sans que l’efficacité de l’action soir démontrée.

A court terme quelle priorité pour combattre la fracture numérique ?

Là encore l’État est ambigu. Très volontaire dans les mots mais encore trop tendre avec les opérateurs. On vient de loin et notamment des lois qui ont offert un tapis rouge à ces derniers pour décider de comment ils font, à quel rythme et où ils le font prioritairement. D’où l’importance de peser par tous les moyens.